L’alimentation ayurvédique : un engagement envers sa véritable nature

Une des questions que l’on me pose le plus souvent est : « Est-ce que tu manges toujours ayurvédique ? »

La réponse honnête, c’est non. J’alterne. Par moments, je me rapproche d’une alimentation de type blue zones. À la maison, mon conjoint et ma fille consomment très peu de viande. De mon côté, j’en mange seulement lorsque je suis reçue ailleurs..à l’exception du porc, que je ne consomme pas du tout.

Et pourtant… Ce qui me fascine profondément dans l’alimentation ayurvédique, ce n’est pas la rigidité d’un cadre alimentaire, mais sa cohérence intime avec notre véritable nature.

En ayurvéda, il n’y a pas de régime..

L’ayurvéda ne parle pas de règles strictes, de listes d’aliments interdits ou d’obligations universelles.Il parle avant tout d’équilibre. Et surtout, d’écoute consciente du corps.

Manger ayurvédique, c’est apprendre à reconnaître ce qui nourrit vraiment, à un moment précis, dans un contexte précis, pour une personne unique. Cela demande un certain engagement. Non pas un engagement vers un idéal extérieur, mais un engagement envers son ressenti, ses signaux internes, ses impulsions subtiles.

Un repas équilibré en ayurvéda contient idéalement les six saveurs, appelées Rasa :

  • Madhura Rasa – le doux
  • Amla Rasa – l’acide
  • Lavana Rasa – le salé
  • Katu Rasa – le piquant
  • Tikta Rasa – l’amer
  • Kashaya Rasa – l’astringent

Ces saveurs ne sont pas seulement gustatives.
Elles sont porteuses des cinq éléments (Maha Panchabhutas) :
terre, eau, feu, air et éther. Ainsi, chaque saveur influence nos doshas (Vata, Pitta et Kapha) en les augmentant ou en les apaisant selon les besoins du moment. L’alimentation devient alors un langage subtil entre le corps et la conscience.

En cas de déséquilibre, certaines saveurs viendront naturellement soutenir l’harmonisation d’un dosha, tandis que d’autres demanderont plus de modération. Mais là encore, l’ayurvéda ne nous invite pas à contrôler.Il nous invite à observer, ressentir, ajuster. C’est pourquoi, en ayurvéda, on cuisine souvent de manière intuitive plutôt que de suivre une recette à la lettre. On goûte. On sent. On ajuste les épices, les textures, les saveurs… selon ce qui est vivant en nous, ici et maintenant.

S’engager dans une alimentation consciente, ce n’est pas se contraindre.
C’est revenir à sa véritable nature. C’est apprendre à s’écouter un peu plus, à se faire confiance, à honorer ce qui est là, sans jugement. L’engagement, dans cette perspective, devient un retour à soi. Avec respect pour le rythme unique de notre corps et de notre âme. Et peut-être est-ce là, finalement, l’essence même de l’ayurvéda 🤍