La conscience qui observe

Il existe en nous un espace silencieux que rien ne peut atteindre. Un lieu sans forme, sans histoire, sans identité. Un espace immobile derrière les pensées, derrière les émotions, derrière les rôles que nous jouons dans le monde.

En ayurvéda et en yoga on l’appellent Shunya : le vide sacré. Non pas un vide absent de vie, mais un vide vivant, vaste, infini. Le ciel intérieur dans lequel tout apparaît et disparaît. Moi cet espace, je l’appelle mon havre de paix magique!

Nous passons notre existence à croire que nous sommes ce corps, ce mental, cette personnalité façonnée par les expériences. Nous disons : je suis fatiguéeje suis anxieuseje suis blesséeje suis ceci ou cela.
Mais celle qui observe la fatigue… est-elle la fatigue ? Celle qui voit l’anxiété… est-elle l’anxiété ?

Le corps respire.
Le mental parle.
Les pensées passent comme des nuages traversant le ciel.
Les émotions montent et redescendent comme des vagues.

Et pourtant… quelque chose demeure immobile. Cette présence silencieuse qui voit tout sans juger. Cette conscience pure qui ne participe pas au tumulte, mais l’éclaire doucement. Le témoin ou l’observateur

Le Sakshi.

Le corps est observé ; donc tu n’es pas le corps.
Le mental est observé ; donc tu n’es pas le mental.
Les émotions sont observées ; donc tu n’es pas les émotions.

Tu es celle qui voit.

Tu es cette conscience nue avant les noms, avant les histoires, avant les identifications.
Ni âge.
Ni profession.
Ni statut.
Ni passé.
Ni masque spirituel même.

Seulement une présence infiniment consciente d’être.

Comme un ciel sans nuage, elle ne retient rien.
Les saisons de la vie la traversent sans jamais l’altérer.
Les joies apparaissent en elle.
Les douleurs apparaissent en elle.
Les pensées apparaissent en elle.
Puis tout disparaît.

Mais la conscience demeure.

Lorsque nous cessons de nous agripper à notre personnage, un immense silence commence à fleurir à l’intérieur.
Un silence vivant.
Dense.
Sacré.

Alors nous découvrons que la paix ne dépend pas des circonstances, mais de notre capacité à revenir à celle qui observe. Et la conscience qui observe, est présente pour écouter davantage le subtil.

Le mental peut continuer à bondir comme un singe agité.
Qu’il bondisse.

Toi, demeure dans ton espace intérieur. Regarde les pensées passer sans monter dans chacune d’elles. Peu à peu, l’attention quitte le bruit pour revenir à l’espace qui contient le bruit.

Et dans cet espace…Tu reconnais enfin ce que tu as toujours été.

Pure conscience.
Présence éternelle.
Mental apaisé.

L’infiniment Soi.